Et c’est reparti pour la boucle sud! Direction, les vallées « calchaquíes ».

Drôle de nom… cela viendrait du Río calchaquí qui traverse ces vallées.

 

09 octobre 2015

Il fait toujours assez moche ici à Salta. Espérons que ça ira mieux plus loin. Il paraît qu’il ne pleut jamais à Cafayate (j’ai déjà entendu ça quelque part!). Il y a intérêt car nous allons emprunter une route, paraît-il mythique, « la Ruta 40 ». Sorte de « route 66 »… Sauf qu’elle est sous forme de piste sur une bonne partie.

En effet, au bout d’un temps, nous quittons la route en dur et embarquons sur la piste plus ou moins bonne selon les segments. Par moment, on traverse des Río (petites rivières) cool! De vrais aventuriers… Le Paris Dakar 2012 revisité! Ca monte gentiment. Nous croisons des jeunes dans une voiture de tourisme qui fume….oups…papy va les voir pour tenter un diagnostic. Je prends le volant au cas où la voiture déciderait de partir toute seule. Diagnostic: il y a une fuite quelque-part et ça surchauffe. Ils sont frais avec ça (c’est le cas de le dire) au milieu de nulle part! Pas certaine que Touring Secours vienne jusqu’ici!

Nous les abandonnons à leur triste sort et continuons notre ascension bien contents dans notre 4×4! Petit à petit, nous nous rapprochons du nuage et la température descend. Hmmm, j’espère qu’au sommet nous n’aurons pas de neige. Les virages sont serrés, la piste étroite et cahotante, le brouillard se fait plus dense. Au bord de la route on devine qu’il y a du vide mais on n’y voit rien. Je n’en mène pas large au volant car je ne peux rien anticiper. D’un autre côté, ne pas voir le vide à côté est peut être mieux. Nous sommes dans la Cuesta del Obispo. Il y a des belvédères, il paraît que c’est splendide! L’altimètre peu précis de la voiture nous permet quand même de dire que nous approchons du but. Toujours pas de neige, il fait 3 degrés dehors. Brrr…

 

Nous arrivons au sommet et là, passé le col (3348 m), miracle de la montagne et de la météo, les nuages se déchirent et nous ouvrent le panorama sur le plateau d’altitude: magnifique!!!

Papy tente une petite balade dans le vent, je sors juste quelques mètres dehors ça souffle!

En avant pour la descente et enfin une ligne droite qui porte un nom marrant: la recta Tin Tin. Belle ligne droite à l’américaine au milieu de milliers de cactus. Nous voilà encore dans des paysages magnifiques de bout du monde…

 

Nous redescendons progressivement et la température elle,remonte.

Petit arrêt pique-nique dans un village dont j’ai oublié le nom. Nous reprenons la route pour traverser la petite ville toute blanche de Cachi qui semble sympathique avec ses terrasses… Nous continuons car il reste des kilomètres à avaler sur la piste et nous devons atteindre Molinos avant la nuit.

Molinos, village aux maisons blanches, calme et paisible. Nous logeons à «  l’ Hacienda de Molinos ». Pablo et Moira nous ont dit que nous avions bien choisi car l’endroit est fabuleux. En même temps, il n’y avait pas beaucoup d’autres choix… En effet, l’endroit est magnifique : une maison historique avec cour intérieure et au milieu un poivrier centenaire. Les chambres aux hauts plafonds sont disposées tout autour. Des salons avec cheminées et divans moelleux, une piscine (glacée bien sûr) , des rosiers en fleurs, un personnel aux petits soins mais discret,…Zoé trouve que ça ressemble à un château de princesses, mamy à la maison de Zorro. Chacune ses références!

En exploration dans le village, papy, mamy et Zoé découvrent un petit musée d’on ne sait pas très  bien quoi mais Zoé adore et craque pour un petit tapis en poil de vigogne…qu’elle n’achètera pas ce qui aura son importance pour la suite…

10 octobre 2015

Il nous reste un peu moins de 100 kms avant d’atteindre notre prochaine étape: La Vaca Tranquille à San Pedro.

Ayant du temps, on nous a conseillé d’aller jusqu’à un petit village et son vignoble: Colomé.

En chemin, nous visitons un petit refuge pour les vigognes qui a été créé pour enrayer leur disparition dans la région. L’occasion de les approcher d’un peu plus près. Point de tapis satisfaisant cependant (ou alors très très grands) et le musée d’hier est fermé…Aïe aïe aïe, un drame se profile à l’horizon! Que quelqu’un nous trouve un tapis et vite, svp!

En route donc pour Colomé par une piste encore plus étroite et sinueuse…Comment font les camions qui livrent le vin? Après un certain temps, nous arrivons en effet à un petit village puis des vignes, puis une énorme propriété avec des bâtiments super modernes, un héliport,…

Visite guidée du plus haut vignoble du monde (2600 mètres), dégustations, petit dîner…et un petit tapis en poil de vigogne, ouf sauvés!

C’est moi qui reprends le volant car papy « a dégusté » … Rien de bien terrible mais vu l’état de la  route, il vaut mieux éviter le « coup de pompe ».

Direction maintenant Cafayate ou en tout cas San Pedro et la Vaca Tranquilla, notre hôtel.

La piste toujours la piste, des paysages qui changent tout le temps, des rochers incroyables, «  Las flechas » sorte de flèches de pierre sorties de terre et se dressant vers le ciel…. Ca pourrait donner l’impression que c’est toujours pareil mais en fait pas du tout. Cette impression d’être seuls au monde ou presque….Ca rappelle les parcs américains mais en plus sauvage, en moins organisé, sécurisé,…un petit côté aventure en plus?

Arrivée à la Vaca Tranquilla: en fait une exploitation agricole tenue par un couple de Liégeois. Des prairies, des chevaux, des champs….un cadre magnifique et un calme…l’endroit est vraiment agréable. Le propriétaire a même ouvert sa propre brasserie et produit … bouteilles par an d’une bière pas mauvaise du tout.

Ici, on se sentirait l’âme d’un gaucho.

Je passerai sur le repas du soir dans une gargote au bord de la place qui nous a servi du cabri (berk!) au prix du caviar….

 

11 octobre 2015

Journée culturelle!

Nous allons visiter les ruines d’une cité digne des irréductibles Gaulois: la cité de Quilmes qui a résisté 130 ans aux Espagnols.

Le site est très grand et permet de monter en haut d’une colline avec une vue panoramique sur le site, les cactus et la plaine environnante. Nous visitons sans guide car après avoir tenté d’écouter pendant 3 minutes un guide local parlant en espagnol argentin, mamy et moi déclarons forfait, on ne comprend rien, nada!

Nous reprenons ensuite la route pour aller voir un musée étrange:  Le Museo Pachamama.

D’abord, il faut casser la croûte. A force de vivre à l’heure Argentine, on se décale de plus en plus et voilà qu’on nous refuse l’entrée d’un resto car la cuisine est fermée. C’est un comble! Nous qui sommes d’habitude les premiers… Plus qu’à tenter de trouver de quoi pique-niquer dans la voiture… Finalement, ce n’était pas trop mal et nous pouvons attaquer le musée..

Il s’agit en fait d’un musée artistique à ciel ouvert, œuvre de Mr Héctor Cruz, . Les œuvres sont d’immenses sculptures recouvertes de mosaïques s’inspirant de symboles incas . Cela forme un grand ensemble un peu enfantin, fantastique , au milieu d’une vaste cour. Le soleil joue dans les sculptures et crée de beaux effets. Il y aussi une salle sur la géologie de la région, une sur les Indiens qui habitaient la région et le site de Quilmes, une salle avec des tapis et une avec d’autres sculptures créées par l’artiste. Rien à dire, tout ça est très chouette et nous passons un long moment sans se forcer dans ce musée.

Retour et souper à Cafayate qui est en demi-panne d’électricité…

Lorsque nous arrivons à l’hôtel, le ciel étoilé est magnifique. C’est étrange il me semble qu’il fait plus noir qu’hier ? Ah, tiens, des bougies dans le patio? Ah ah, pas de courant ici non plus… Bon, et bien lampes de poche, petit feu de bois dans la chambre et dodo!

12 octobre 2015

Ce matin, nous partons. Mais avant, nous avions organisé une mini balade à cheval pour Zoé avec un gaucho! Je monte finalement avec elle car elle veut qu’un de nous soit là et je la vois mal partir toute seule. Nous voilà en selle et je suis moyennement à l’aise car les seules notions d’équitation de Zoé sont les chevaux qui tournent en rond à la kermesse et à Centerpark et les ânes bien élevés tenus à la longe par quelqu’un qui les connaît. Pour ma part, mes précédentes expériences m’ont surtout appris à me méfier très fort des réactions impromptues de ces animaux…

Bref, je suis un chouïa tendue surtout quand je vois que le gaucho part tranquillement devant en me disant « on y va » ?.. « Hue cocotte », c’est parti!

Indéniablement, la bête est brave et nous n’aurons à déplorer aucun acte imprévu de sa part au cours de la petite promenade. Il faut juste de temps en temps la guider pour éviter de se prendre une branche dans le visage…mais quel plaisir sinon! Nous empruntons le chemin qui passe entre les prairies toutes vertes, le ciel est bleu profond, la montagne au loin est enneigée, waouhhhh!

Zoé apprécie aussi le paysage à sa juste valeur et ça me ravit qu’elle s’émerveille de ce genre de choses … La balade n’est pas longue mais c’est suffisant, j’ai les jambes en coton en descendant!

Nous repartons de la Vaca Tranquilla avec le sentiment qu’on aurait pu y rester plus longtemps juste pour profiter de l’endroit, du calme, de la vie de la ferme…

Retour à Salta pour la dernière nuit en famille. Ce soir, c’est crêpes et bagages…chouette!