Samedi 23 avril 2016

Après avoir déambulé dans l’immense gare de Kyoto, il est temps de faire nos adieux à Julie.

Notre train part avant le sien car nous avons plus de route à faire. Le trajet va nous ramener légèrement en arrière, au début des Alpes japonaises. Takayama est aussi appelée « la petite Kyoto ». On devrait y apercevoir le début des montagnes, de vieilles maisons en bois et  aux épais toits de chaume. Enfin, nous savons d’ores et déjà que nous n’échapperons pas au souvenir phare de la ville: les « Sarubobo », petites poupées rouges vif. Celles-ci sont supposées porter chance lors de la grossesse et de l’acouchement et, je pense, protéger les enfants.

Le deuxième train passe assez rapidement de paysages urbains à des vallées de moyenne montagne avec rivières turquoises encaissées, glycines sauvages partant à l’assaut des arbres à flanc de colline. Sous le soleil d’avril, la campagne est belle. Des maisons aux allures de chalets en version japonaise, partout des fleurs…

Zoé est heureuse de retrouver la nature et nous aussi! Comme quoi sa passion du shopping à ses limites et son côté « fille des bois » réapparaît au bout d’un temps !

Nous logeons en auberge de jeunesse en espérant que nous puissions vivre à trois dans leur chambre et que ça soit à peu près praticable pour Cédric…

Quoi qu’il en soit, l’ambiance est d’entrée de jeu sympathique et cosy avec un staff qui parle trèes bien anglais. La chambre est petite comme prévu avec des lits superposés et un troisième qui ressemble à un lit normal mais est plutôt un futon mince posé sur un tatami en hauteur. C’est moi qui hérite du lit de fakir car Zoé a décreté qu’elle dormirait en haut… Avec un peu d’organisatio,n cette chambre n’est pas pire que d’autres qu’on a faites avant. Comme quoi, on s’habitue à vivre dans quelques mètres carrés!

C’est déjà la fin de la journée et nous nous mettons en quête d’un endroit où manger pas trop loin. Nous constatons qu’ici le fameux bœuf de Kobé figure à toutes les cartes, à toutes les sauces et à tous les prix… En fin de compte, après avoir tenté note chance dans des endroits qui nous ont refusés faute de place et évincé un établissement affichant de la cuisine pseudo-française , nous optons pour un mini restaurant où il n’y a qu’un seul client. Au menu, tranchettes de viande à cuire soi-même dans une sorte de mini Wok de table avec champignons et pousses de soja. On arrose ça à la bière pression, une fois n’est pas coutume! En fin de compte, sympathique, calme et pas enfumé. Et oui, ici au Japon, si on ne peut fumer en rue on peut par contre le faire dans les restaurants et dans certaines chambres d’hôtel ou wagons…surprenant…

Dimanche 24 avril 2016

Après avoir étudié les différentes possibilités d’excursion, nous avons constaté que la plupart qui sont offertes sont à minimum 1h30 de car et pas données du tout. En plus, nous sommes en avril et certaines ne sont pas encore ouvertes car impraticables.

Ayant déjà pas mal bougé (c’est le moins que l’on puisse dire!) nous optons pour un village situé à 10 minutes en bus de la gare. C’est en fait un musée en plein air visant à faire découvrir les différents types de maisons de la région ainsi que les activités artisanales. Tranquille, calme, quasi personne quand on y arrive.

A l’entrée: des échasses, toupies et autres jeux en bois anciens nous accueillent. Ensuite, Zoé trouve un endroit à son goût et fabrique un feux de camp, cuit des pommes de pin et des marshmallows… Nous découvrons alors qu’il y a une sorte de jeu de piste à faire en récoltant des cachets et en répondant à des questions sur les différentes maisons du parc. Voilà qui est motivant ! Dans l’après midi, une éclaircie nous révèle au loin les sommets enneigés des Alpes du nord, youpie!

Voilà une journée tranquille, en plein air qui nous aura fait du bien

En attendant le bus de retour, nous faisons une petite provision de sarubobos sous toutes leurs formes… C’était attendu!

Arrêt par le supermarché pour tenter de nous cuisiner quelque chose ce soir à l’auberge. Pas évident de cuisiner et choisir ses ingrédients quand on ne sait rien lire… Le résultat: des boulettes de viande qui sont au maïs, des nouilles plâtreuses… Pas une grande réussite. Heureusement, on avait trouvé de quoi se faire une salade tomates mozzarella!!

Lundi 25 avril 2016

Nous débutons tranquillement par les rues pittoresques de la ville. Elles sont envahies par les groupes de touristes d’un jour, nous fuyons assez vite pour nous retrouver un peu à l’écart.

Takayama est réputée pour son festival qui a lieu deux fois par an, en octobre et en avril. Nous l’avons raté de peu. Lors de cette fête, une immense procession a lieu dans la ville et douze chars sont promenés par les différentes compagnies. La ville est envahie par des centaines de milliers de personnes… Finalement, c’est peut être bien de ne pas avoir été là?!

Nous décidons d’aller visiter le musée qui expose une partie des chars. Et bien, c’est impressionnant! On fait les malins avec notre Car d’Or mais ceux ci sont autrement plus impressionnants, hauts et lourds, n’en déplaise aux montois… Ils sont d’ailleurs tellement lourds et difficiles à manœuvrer que quand il pleut, ils sont remplacés par d’autres beaucoup plus petits… (Ah voilà, à Mons on ne fait pas ça!) Notre ticket nous donne droit à l’entrée dans un autre petit musée qui montre toute une série de magnifiques maquettes qui, à notre avis, représentent la zone des temples au nord de la ville. Mais nous n’en sommes pas plus certains que ça!

« On n’était pas supposé visiter le parc?  » nous demande alors délicatement Zoé.

Bon ok, on y va…

Le seul soucis est que le parc est en fait une sorte de bois sur une colline très pentue… Un peu sport pour y monter… Arrivés en haut, il y a une mini plaine de jeux et une magnifique glycine qui n’est encore qu’en boutons (comme toutes celles de la ville d’ailleurs).

Nous repérons un chemin dans le bois qui semble être à peu près plat et fait le tour de la colline. En avant!

A l’entrée, un panneau nous indique que des ours ont été vus dans le coin récemment. C’est écrit en japonais mais il y a aussi une photo d’un gros ours noir pas content avec » BEAR!!! » écrit en grand! Bon… Sur le chemin, sont disposés des bidons d’huile vides et des cuillères en bois. Nous comprenons rapidement que c’est destiné à faire du bruit pour nous signaler! Chouette alors, du bruit, en voilà une qui est ravie! Nous sommes sur nos gardes quand même. Le fond du ravin et ses sous-bois rappellent ceux du Yosemite où on avait en effet aperçu un ours..

Nous laissons Zoé discuter bien fort tout le long du trajet en espérant ainsi faire fuir les éventuels animaux… Arrivés à ce qui ressemble à un sommet (oui, parce qu’en fin de compte, ce n’était pas si plat!), nous nous retrouvons sur un plateau couvert arbustes aux fleurs rose-vif . C’est splendide. Dans une trouée d’arbres, on aperçoit à nouveau les montagnes enneigées.

Il est temps de redescendre vers la ville maintenant si on ne veut pas finir dans le noir….avec Winnie ou Yogi….